Genèse de l’Autre chemin

Cela fait un moment que cette société ne nous apporte pas l’apaisement, la convivialité et l’épanouissement que nous attendons d’une société humaine. Sans doute depuis nos premières manifs au collège, c’est vous dire !

Pourtant, nous avons su jusqu’à récemment, nous fondre dans le grand moule en privilégiant notre famille et des engagements dans différents projets citoyens afin d’apporter notre pierre à l’édifice « gauchiste » d’une lutte pour un monde meilleur, tout en respectant les règles du jeu : travail, consommation et confiance relative dans nos institutions.

La chance de s’être trouvé, Cécile et moi, ainsi que la communauté d’envies et de pensées, ont sans doute aidé à nous faire accepter les errances de cette société. Errances, que comme beaucoup d’entre nous, nous avons favorisé par une trop bonne éducation et le refus d’une certaine radicalité.

I. Rupture

Mais nous avons beau être résilients et protégés par une vie familiale heureuse, il arrive un moment où la grande machine à broyer vous rattrape, où les concessions ne sont plus acceptables.

Nous avons vu arriver la révolte populaire de novembre 2018 comme une soupape à nos corps fatigués et nos angoisses latentes. Un moment de prise de conscience collective de nos destins partagés et de notre envie de redevenir des citoyens à part entière et plus seulement des travailleurs. Un moment simple de retour vers l’autre avec toutes ses imperfections et ses tâtonnements.

Une envie de prendre son destin en main traversait des oubliés du capitalisme. Une partie de la population criait son envie de redevenir des citoyens capables de critiques, de projets et de solidarité. Une autre partie se détournait de ces « jaunes actifs », souvent par esprit de classe ou par fainéantise intellectuelle. Non pas qu’il faille absolument et aveuglément adhérer à ce mouvement, mais il faut à tout le moins essayer de le comprendre et de l’écouter sans le condamner comme un caprice d’enfant. Car ce ne sont pas des enfants qui crient, mais des citoyens qui assument leur détresse et rappellent qu’ils sont en droit de diriger la cité. Des humains qui crient leur prise de conscience sur le « vol de vie » dont ils sont les victimes depuis plus de 50 ans.

À cette révolte sociale, s’est ajoutée la souffrance environnementale. Je parle de souffrance parce que ce que nous savions et suivions depuis longtemps ce sujet, mais comme des observateurs, pas des acteurs. Des observateurs éclairés sans doute, comme nous le faisons si bien en occident où l’intention compte plus que l’action…

Nous avons en même temps pris conscience de la réalité d’un effondrement à venir de notre civilisation, si vorace et si inégalitaire. Cette effondrement à venir est un fait. Mais pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, nous ne savons pas si ce sera celui d’une civilisation ou celui de l’espèce humaine…

The sleeper should awaken… comme le dit si bien Franck Herbert dans son chef d’œuvre « Dune ». Alors nous nous sommes réveillés et nous sommes entrés en rupture.

Je parle de rupture car le voile, qui nous interdisait de voir pleinement l’incompétence et la malhonnêteté de nos responsables économiques et politique, s’est déchiré. Nous n’attendons plus rien d’eux, nous reprenons nos destins en main sans attendre qu’ils se bougent. Nous sommes assez nombreux à vouloir agir pour inventer une autre société, nous avons les connaissances (ou nous les aurons), la force de travail et nous comprenons maintenant que nous pouvons vivre sans chef.

Nous avons aussi conscience que le rayon d’action pour le changement est limité. Nous devons être des citoyens du Monde qui pensent global et agissent local.

II. Partis-pris

Nous avons donc décidé, comme une évidence, d’arrêter la fuite en avant et de poser les bases d’une autre vie :

  • continuer à lutter contre les dérives actuelles du système avec ceux qui partagent nos idées ;
  • inventer une stratégie mixte de vie permettant d’assurer le quotidien de nos enfants en nous permettant de développer un projet de transition ;
  • fonder notre recherche de résilience face aux défis à venir (climat, effondrement, extrémismes…) sur un projet collectif et citoyen (on n’arrivera à rien, selon nous, en adoptant une stratégie de survivaliste antisocial). Pour cela, nous devons trouver d’autres citoyens partageant les mêmes valeurs pour construire un projet commun ;
  • commencer à nous former sur la permaculture et ses variantes ;
  • mettre en pratique ces nouvelles connaissances en visant une autonomie alimentaire ;
  • construire un espace de vie résilient ne se limitant pas à la survie mais permettant un vrai projet civilisationnel ;
  • fonder toute action sur des valeurs fortes : respect du vivant, biomimétisme, solidarité, empathie, connaissance, sobriété, partage, démocratie.

III. Conclusion

Ceci étant posé, comme un cri du cœur, l’aventure est maintenant à vivre. Ce sera l’objet des prochains billets.

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