La Mémoire transgénérationnelle

L’ambition de cet article est de s’interroger sur l’utilité pour la nature de tester une nouvelle forme de vie : l’espèce humaine.

En effet, il semblerait que la vie, depuis son apparition sur ce joli caillou perdu dans l’espace que nous appelons la Terre, tende vers une organisation toujours plus complexe afin de répondre au mieux aux défis des milieux dans lesquels elle se développe.

En résumé, nous pouvons dire que :

  1. La vie va vers toujours plus de complexité
    et invente sans cesse,

  2. Tout écosystème recherche l’équilibre
    pour assurer sa pérennité,
  1. L’équilibre s’obtient par un rôle ou une fonction
    complémentaire exercée par chacune des composantes de l’écosystème,

  2. En fonction des caractéristiques de l’écosystème,
    les formes de vie s’adaptent ou disparaissent.

Attention, je ne dis pas que la vie a un but programmé ou une conscience qui l’amènerait à « consciemment mettre en œuvre une stratégie de développement » comme nous la concevons. Ce serait de l’anthropomorphisme de bas étage. Je me contente juste de constater de façon synthétique les règles sur lesquelles s’accordent une majorité des scientifiques qui observent le fonctionnement de la vie.

Dans son fonctionnement, il apparaît donc clairement l’existence de stratégies d’évolution au cours desquelles la vie subit des mutations qui se répliquent dans le patrimoine génétique de l’espèce si elles apportent une plus-value en terme d’adaptation et d’efficacité.

De plus, pour un même défi posé, la vie peut emprunter des stratégies différentes pour y répondre. Certaines ne s’avéreront pas viables, moins efficaces (ou plus efficaces) et disparaîtront au profit d’autres plus « performantes ». Notons aussi que pour un même problème, plusieurs solutions peuvent coexister…

Bref, la vie s’adapte et innove ! Comme chez l’homme, toutes les innovations ne sont pas appelées à durer 😉 !

Dans ce contexte, posons-nous la question suivante :

Pourquoi la vie a-t-elle tenté l’expérience humaine ? Quelle innovation a-t-elle testée à travers nous et pour quel gain ?

I – Les spécificités de l’espèce humaine

Nous ne ferons pas ici une liste exhaustive des capacités humaines. L’objectif est plutôt de déterminer :

  • si l’humanité possède une capacité unique,
  • si oui, laquelle ?
  • et si elle permet de répondre de façon efficace à un défi qui se pose au vivant.

Nous voyons donc, dès à présent, le parti-pris de cet article : l’humanité est l’une des composantes de ce tout qu’est le vivant et non, comme le disait Descartes, sa maîtresse et sa propriétaire.

1. Quelle innovation le vivant a-t-il testé avec nous ?

  • La capacité d’adaptation ? Non, de nombreuses espèces s’adaptent, peut-être jugeons-nous que nous le faisons mieux mais ce n’est donc pas une innovation.
  • La conscience ? Nous savons aujourd’hui que de nombreuses formes de vie ont conscience d’elle-même et des autres.
  • L’intelligence ? Non, encore une fois, l’humanité commence à comprendre qu’elle n’est pas la seule forme de vie à posséder cette capacité…
  • La force, la vitesse, la ruse… idem !
  • La puissance destructive ? Euh… nous allons nous concentrer sur une aptitude qui offre un avenir à l’écosystème qui nous a créé.
  • La mémoire ? Nous nous approchons d’un point intéressant. En effet, s’il est indéniable que de nombreuses formes de vie possèdent une mémoire, encore faut-il aller plus loin dans la définition de la mémoire pour répondre.

2. La mémoire, quelle mémoire ?

Si vous cherchez sur internet des articles de vulgarisation sur le sujet vous trouverez, grosso modo, qu’il existe 5 types de mémoires (les dénominations peuvent varier) :

  • La mémoire à long terme dans laquelle les informations sont stockées après avoir été analysées et organisées et demeurent disponibles pour de longues périodes de temps ;
  • La mémoire épisodique qui s’occupe des aspects spatiaux et temporels des évènements de nature autobiographique (les épisodes marquants de la vie) ;
  • la mémoire sémantique, qui concerne la connaissance de soi ;
  • la mémoire procédurale, implicite, sollicitée pour des automatismes ;
  • la mémoire perceptive, liée aux sens (pensez à la madeleine de Proust).

Pourtant, il me semble que cette liste n’est pas exhaustive.

Pourquoi ?

Tout simplement parce qu’elle n’analyse la mémoire que d’un point de vue individuel comme nous l’impose notre vision très occidentale de ce qu’est l’humanité.

Mais changeons de paradigme, imaginons que l’humanité forme un tout, un « organisme » qui possède des spécificités propres.

Que devient la mémoire au niveau de l’espèce ?

Sans reprendre l’éternel débat entre l’inné et l’acquis, notons qu’il semble y avoir un premier type de mémoire propre à l’espèce : la mémoire génétique ou l’inné. Ainsi, notre code génétique renfermerait des informations que nous pouvons utiliser spontanément sans apprentissage spécifique ou transmission par un autre individu. Ce type de mémoire est l’apanage de tous les organismes vivants, c’est même la base de la vie.

Mais ce qui nous intéresse ici, c’est une capacité exclusive à l’humanité. Et justement, en terme de mémoire, il existe une compétence propre aux humains que j’appellerai la mémoire transgénérationnelle

La Mémoire Transgénérationnelle :
C’est la capacité pour l’espèce humaine de transmettre des informations entre deux générations d’individus qui ne sont pas temporellement (ni même spatialement) reliées.

Par exemple, entre les grecs de l’Antiquité et nous grâce à des fresques, des statues, des écrits, des contes oraux et maintenant l’internet… C’est ce qu’Alfred Korzybski, le père de la sémantique générale, appelait le time-binding.

Memoire transgénérationnelle

 

Pourquoi parler de cette mémoire ? Parce qu’il me semble que la capacité de l’humanité de se transmettre des informations à travers le temps et l’espace est une innovation dans les outils inventés par la vie qui remplissent les fonctions de la mémoire (le stockage d’informations passées pour une utilisation future). Les humains peuvent fixer des informations et des savoirs pour les rendre disponibles à d’autres en cas de besoin ou d’envie, et cela augmente (normalement) les capacités d’adaptation et de survie des êtres humains.

La mémoire transgénérationnelle ne nie pas que les autres espèces puissent se transmettre des informations d’une génération à l’autre.
Elle note une différence de qualité dans cette transmission, notamment par les outils qu’elle met en œuvre et qui permettent une rupture dans la chaîne de transmission (sauter des générations) et la redécouverte d’informations que l’on croyait perdues.

Dans cette optique, pourquoi le vivant a-t-il développé cette faculté ?
La niche écologique occupée par les humains est-elle liée à la mémoire transgénérationnelle comme élément utile ou nécessaire à l’équilibre de l’écosystème ? En d’autres termes :

  • Pour poursuivre son adaptation et assurer sa pérennité, la vie a-t-elle besoin de cet outil ?
  • Quelle peut être son utilité ?
  • Cette faculté est-elle actuellement mise en œuvre de façon bénéfique pour l’ensemble de l’écosystème ?
  • Cette faculté est-elle une impasse qui sera abandonnée par le vivant ?

II – La Mémoire Transgénérationnelle : gadget ou atout ?

L’humanité semble donc avoir la faculté unique dans l’Histoire du vivant de partager des informations et des concepts à travers les âges et l’espace. Un outil unique pour la complexification des concepts et des savoirs. Sans parler de l’expérience…
À ce stade, le terme de « mémoire transgénérationnelle » ne semble pas forcément le plus adapté pour décrire cette notion… Mais avant d’en trouver une meilleure, rappelons quelques points importants :

  1. Mettre en avant une spécificité de l’Humanité ne signifie pas qu’elle soit à part du vivant.
  2. Cela ne place pas non plus l’Humanité en position de supériorité par rapport au reste du vivant.
  3. Toutes les espèces possèdent leurs propres spécificités, et grâce à elle,s’inscrivent dans le cycle et l’équilibre de nos écosystèmes.
  4. L’apparition de cette nouvelle compétence est intimement liée à la conscience que l’humain a de lui-même. Nous tiendrons cela pour acquis même si ce pourrait-être l’objet d’un développement spécifique.

Ceci étant posé, précisons le point n°2 de la liste ci-dessus. En effet, contrairement à ce que de nombreuses civilisations humaines ont pensé, la vie ne semble pas avoir pour but de favoriser une espèce plus qu’une autre, ni de poursuivre un but ultime autre que son développement et son adaptation.

Dans ce contexte, il faut prendre comme point de vue celui de l’écosystème dans sa globalité et non celui d’une espèce spécifique. Chaque élément est constitutif d’un ensemble qui doit s’équilibrer pour perdurer. Quand un déséquilibre apparaît, la vie recherche des solutions d’adaptation et si elle n’en trouve pas, disparaît.

1. Les capacités nouvelles liées à la mémoire transgénérationnelle

a. La capitalisation des expériences

Du point de vue d’un écosystème, quelle utilité aurait l’une de ses composantes, capable de se souvenir d’informations très anciennes ?
La première piste de réponse est la capitalisation des expériences. En effet, s’il est indéniable que l’adaptation est l’une des formes de capitalisation de l’expérience qui est utilisée par d’autres espèces, elle a deux limites dans ces cas là :

  • La première, il s’agit souvent de sélection de mutations génétiques plus favorables. Dans ce cas, l’adaptation est « passive » et lente.
  • La seconde, est que dans le cas d’une adaptation active et rapide (par exemple, découvrir comment ramasser du miel en utilisant un bâton chez certains singes), celle-ci nécessite un contact direct entre deux individus de l’espèce dont l’un détient « l’information ». Alors que dans le cas de l’humanité, la mémoire transgénérationnelle et ses outils ont, par exemple, permis la « Renaissance », cette période de l’histoire européenne au cours de laquelle les « savoirs » de l’Antiquité ont été redécouverts pour servir de base à une explosion des sciences et des idées. Cela a été rendu possible grâce aux textes et autres vestiges conservés par les humains pour servir de base de connaissance (textes, vestiges, etc.).

Du point de vue de l’espèce humaine, la capitalisation de l’expérience semble être une capacité unique dans le vivant terrestre (je suis encore moins spécialiste du reste de la vie dans l’univers) en l’état actuel de nos connaissances. La mémoire transgénérationnelle permet de mettre en œuvre un accroissement du savoir par strates successives, chaque génération pouvant reprendre la construction de la connaissance humaine là où la précédente l’a laissée. Elle peut même servir de sauvegarde pour que la connaissance « survive » en attendant une période plus propice (exemple de la Renaissance toujours).

Mais gageons que le but de la vie n’est pas de permettre à une espèce de comprendre « l’univers » juste pour dominer le reste du vivant au risque de l’amener à sa perte.

La Mémoire Transgénérationnelle partie 2

Pour comprendre cette évolution, qui a doté l’humanité d’une faculté nouvelle, il faut chercher une explication par extrapolation :

  • Première piste, la vie teste au hasard et après voit ce qui se passe (attention, il s’agit encore de raccourcis sémantiques, la vie n’est pas une déesse personnifiée qui a un grand dessein ;-)). En fait, si on reprend un peu Darwin, le test au hasard n’est pas la méthode retenue.
  • Deuxième piste, le vivant se complexifie en s’adaptant et se dote de nouvelles facultés. Dans ce contexte, posséder une espèce de l’écosystème en capacité de se souvenir du grand livre de la vie, ses différents chapitres, ses stratégies payantes ou non, etc. peut être un atout pour assurer sa survie (de l’écosystème). En effet, ce type de faculté pourrait aboutir à :
    • la capacité à concevoir des outils complexes à même d’assurer une adaptation rapide, en temps réel,
    • ne pas réitérer les erreurs du passé,
    • accroître les capacités de l’espèce (passer du chasseur-cueilleur à la structuration des écosystèmes),
    • « s’offrir » un outil interne de modification et de modélisation du vivant plus rapide.

Quelle amélioration (sur le papier) ! Imaginez un système capable de capitaliser sur son expérience en stockant de l’information indépendamment de ses composantes mortelles en créant une « base de données » libérée de la mort. Car, s’il est vrai que nos ADN contiennent de l’information transmise d’une génération à l’autre, ils ne peuvent contenir des idées, des recettes, des notices d’outils ou des découvertes scientifiques. L’humanité serait alors, entre autre, un énorme disque dur à travers l’espace et le temps.

Il est intéressant de noter que ce qui définit l’humain n’est plus uniquement lié à son corps ou le fonctionnement de son cerveau mais doit intégrer les outils mis à sa disposition par le « génie » de son espèce.

b. La capacité d’adaptation en temps réel

Une autre fonction de la mémoire transgénérationnelle, au-delà de la capitalisation de l’expérience, serait l’accroissement des capacités d’adaptation de l’écosystème en temps réel.

En effet, stocker de l’information est utile uniquement si ensuite, l’écosystème peut la traiter pour la transformer en action ou s’en servir pour développer de nouvelles idées et de nouvelles stratégies. Hors, ce que l’on sait d’un écosystème est que son temps d’adaptation est un temps long qui se compte en années voir beaucoup plus. Pour faire face à certains défis, être capable d’agir/s’adapter plus rapidement serait un atout indéniable.

À ce sujet, un conte existe déjà depuis plus de 2000 ans au sein de nos sociétés occidentales : Noé et le déluge. J’évoque cela en tant qu’athée convaincu car c’est une histoire dont la morale pourrait-être la suivante :

L’humain, en tant que genre, peut avoir pour fonction dans un écosystème, la préservation de la richesse génétique par sa capacité à anticiper une problématique (Dieu étant ici la personnification de notre capacité d’analyse et de notre intuition) et à imaginer en temps réelle une solution (l’arche, forme primitive de nos bibliothèques de préservation des semences par exemple ?).

c. L’accroissement de l’échelle d’action

Outre la rapidité d’action accrue, la mémoire transgénérationnelle, permet d’accroître considérablement le champ d’action d’un écosystème.

Ceci n’est pas vrais si vous imaginez un humain dans toute sa nudité en faisant la liste de ses capacités d’action sur son environnement : moins fort, moins rapide, moins résistant que de nombreuses autres espèces. Pourtant, il possède des facultés spécifiques, comme une certaine forme d’intelligence et une mémoire efficace, qui peuvent faire la différence et lui permettre de trouver sa place dans le cycle de la vie et de la survie mais pas d’influer de façon significative sur son environnement.

Par contre, si nous déplaçons l’analyse au niveau de l’espèce. L’humain, à l’instar des fourmis, des loups et que sais-je d’autre, acquiert de nouvelles capacités lorsqu’il est en groupe. Celles-ci étendent ses chances de survie et augmente son potentiel. Mais surtout, et contrairement aux autres espèces, sa compétence à modéliser son environnement, à en analyser la nature et à développer des outils complexes qui est sans équivalent sur Terre, lui confèrent une capacité de modelage de l’écosystème à son image, et en temps réel, unique dans l’histoire du vivant telle que nous la connaissons.

ATTENTION, encore une fois cela ne signifie pas que l’humain est supérieur au reste du vivant, ni qu’il l’ait fait à bon escient jusqu’ici…

d. L’acquisition de la conscience de soi

On a beaucoup disserté sur le fait que l’humain avait « conscience de soi », d’ailleurs pendant longtemps, cette conscience de soi a été refusée aux autres espèces. Heureusement, nous faisons maintenant preuve d’un peu moins de suffisance…

Cependant, imaginons « l’écosystème-Terre » comme un individu. Il est constitué de nombreux éléments, vivants dans leur propre écosystème enfant, interagissants, poursuivants des buts propres et d’autres complémentaires, etc. mais lui permettant in fine de se pérenniser.

Il suffit de penser à notre corps, cette belle machine, qui est considérée par certains comme un véhicule perfectionné inventé par les gènes pour survivre – cf. Richard Dawkins et son livre « le gène égoïste ».

Mais revenons à la conscience de soi. L’écosystème-Terre a-t-il conscience de lui-même ? Cette conscience est-elle une étape importante dans son évolution ?

Il s’agit-là, vous en conviendrez, d’une question complexe et sensible. Je n’ai pas la prétention d’y apporter une réponse. Je noterai seulement que l’espèce humaine, en ayant conscience d’elle-même et en faisant partie de ce tout, met cette nouvelle compétence au service de l’ensemble de l’écosystème-Terre et lui permet d’entrer dans un nouvel âge.

Pour conclure ce point, notons qu’un ensemble vivant qui a conscience de lui-même, n’en voudra que plus survivre..


2. Le bilan actuel de la mémoire transgénérationnelle

Les capacités nouvelles liées à la mémoire transgénérationnelle ont été mise en œuvre, mais très vite certains parti-pris ont présidé à son utilisation :

  • l’humanité est une espèce élue,
  • l’humanité est supérieure aux autres espèces,
  • la nature est au service de l’homme qui la domine.

Le problème de ces biais cognitifs est qu’ils s’appliquent aussi dans nos parti-pris intra-espèce :

  • certains humains font partie du « peuple élu »,
  • certains humains sont supérieurs à d’autres,
  • certains humains sont au service des « élus » qui les domine.

En deux listes à puce je résume plusieurs milliers d’années d’évolution humaine, mais je ne trahis guère les faits. Les compétences nouvelles nées de notre conscience de nous-même, de notre mémoire transgénérationnelle et de nos capacités cognitives n’ont abouti, dans les faits, qu’à la surexploitation de notre planète et à la domination d’une minorité d’humains sur le reste du monde.

Le point de départ de ce dérapage se situant le jour où l’Humanité s’est considérée comme en dehors de l’écosystème-Terre. Ce dernier devant être à son service. Pour être parfaitement juste, notons qu’il a suffi que la minorité dominante et agressive (les occidentaux) adopte cette philosophie pour entraîner le reste de l’humanité dans une spirale mortifère.

Mais avoir conscience que l’Humanité n’a pas encore su s’inscrire de façon harmonieuse dans le vivant ne signifie pas que cela soit définitif ou que cette expérience de la Vie soit un échec. Les cartes sont dans nos mains.

3. Régulation et Mémoire transgénérationnelle

Imaginons le vivant comme une aventure en devenir et l’écosystème-Terre comme un tout en perpétuelle évolution. Dans ce contexte, le développement n’est jamais linéaire, il y a des soubresauts, des leçons nées de l’échec, etc…

Nous avons des outils qu’en tant qu’espèce, nous avons dévoyés par suffisance ou ignorance. Qu’à cela ne tienne, nous commençons à comprendre nos erreurs et cela doit-être la base pour une nouvelle vision et une nouvelle stratégie du vivant.

Posons donc que l’humanité est indissociable de l’écosystème-Terre et possède certaines qualités spécifiques.

En quoi celles-ci peuvent servir le tout auquel nous appartenons ?

Il est important de répondre à cette question car elle induit la survie ou non de notre espèce. S’il s’avère que l’humanité met en danger son écosystème-Terre et donc le reste du vivant, il y a fort à parier que la solution pour ce dernier sera de nous éradiquer (au sens passif : survivre et inventer un nouvel équilibre de cycle, sans les humains qui n’auront pu survivre dans le milieu hostile qu’ils auront créé).

Il nous faut donc comprendre que si nous sommes une espèce dotée de grandes capacités d’action en temps réel, celles-ci s’apparentent à des armes de destruction massive si elles sont mal employées ou dirigées vers la satisfaction immédiate de nos caprices.

Soyons audacieux et constructifs en proposant une piste de réflexion pour l’évolution de l’humanité :

  • Posons que les facultés dont nous sommes dotées sont un pari évolutionnaire qui peut servir l’ensemble de l’écosystème Terre. Tout comme les vers de terre qui fertilisent nos sols, les abeilles qui pollinisent, etc…
  • Créer une espèce possédant de façon complémentaire : intelligence, conscience de soi et mémoire transgénérationnelle permet au système lui-même d’acquérir cette conscience et de capitaliser sur son expérience à un autre niveau que l’évolution génétique et l’adaptation sur de longues périodes de temps. Nous sommes de ce point de vue une espèce-outil au même titre que les autres.
  • Notre rôle serait de conserver en mémoire certaines informations non retenues par les autres formes de stockage de l’information (ADN, mémoire génétique, etc.). Cette mémoire, couplée à notre capacité de réaction rapide pour développer des stratégies d’adaptation offre à l’écosystème-Terre une nouvelle compétence qui pourrait lui permettre :
    • de survivre à de nouveaux défis mettant en jeu sa pérennité même et non pas seulement celle d’une partie des écosystèmes -enfants. Un exemple pour être plus précis ? De ce point de vue, pour un écosystème qui a déjà connu plusieurs risques d’éradication liés à un environnement extérieur hostile (météorites par exemple ou rayonnements solaires) avoir un outil de création rapide de stratégies d’adaptation et de riposte pourrait s’avérer un pari gagnant.
    • d’accroître son domaine (lieu d’existence). Un exemple pour être plus précis ? De ce point de vue, la conquête spatiale n’est pas une aventure humaine mais la conquête d’un nouveau lieu de vie pour l’écosystème de la Terre. Une stratégie pour solutionner le défi de la finalité du berceau-Terre d’ici 4 milliards d’années ?
  • Pour que ces outils ne soient pas dévoyés, nous devons faire un travail sur nous-même en redéfinissant notre place dans le vivant avec humilité et en poursuivant notre éducation et notre évolution cognitive (j’aimerai utiliser spirituelle mais j’ai peur de l’aspect religieux ou sectaire). Le premier pas sera de :
    • considérer l’homme comme la partie d’un tout et une espèce-outil,
    • apprendre / réapprendre la conversation avec le reste du vivant comme l’enseignent certaines civilisations des peuples premiers,
    • poser que de grandes capacités impliquent de grandes responsabilités (le syndrome Peter Parker de M. Stan Lee ;-)),
    • travailler sur la distinction entre les possibilités offertes par nos compétences et les utilisations acceptables de ces compétences,
    • éveiller les consciences pour rendre évidente la prise en compte systématique des besoins de l’écosystème-Terre avant d’agir.

Ces quelques points ne sont que les prémices à structurer d’une réflexion plus globale, mais elles permettent, à mon humble avis, de réenchanter notre rapport au vivant en retrouvant la magie de l’appartenance à un tout riche, complexe et en perpétuelle évolution. Cela refait de nous des explorateurs et plus uniquement des parasites opportunistes.

Notons d’ailleurs, que si les pistes évoquées ci-dessus s’avèrent en partie vraies, alors cela signifie que notre écosystème-Terre se sert de nous pour se découvrir lui-même et sonder les mystères de l’univers qui l’entoure à travers nos recherches scientifiques et nos propres tâtonnements.

Nous sommes peut-être ses cellules d’exploration… À suivre !

2 Réponses à “La Mémoire transgénérationnelle”

  1. J’ai été impressionné par l’effort de recherche et surtout de synthèse . Si on appelait cela « culture » sans se laisser détourner en laissant au terme ses racines .
    J’ai besoin de temps (il fuat se forcer à le prendre ) pour aller plus loin dans l’échange .
    Je peux transmettre ??
    tendresse

    1. Salut JJ 😉 ! Merci pour ton retour, c’est vrai que la culture est l’un des aspects qui ne peut être transmis autrement. Je ne l’ai même pas explicité, cela va enrichir la réflexion !!! Tu peux bien sûr transmettre, c’est une réflexion collective 😉 !

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